« Mais mes intentions…»

Au vu de nombreuses réactions, il y a un énorme malentendu. Beaucoup ont l’air de croire que le racisme, le sexisme ou les LGBTphobies reposent sur des intentions de nuire, et comme ils n’ont aucune intention de nuire, ils pensent en être exonérés.

C’est une très lourde erreur, les bonnes intentions ne font rien à l’affaire, ça n’est pas pour rien qu’on dit que l’enfer en est pavé. Mieux encore, on peut faire preuve de sexisme ou de racisme /bienveillant/ c’est dire si ça ne joue absolument pas.

Ça nous est tous arrivé de blesser ou d’être blessé sans que personne n’ait cherché à le faire. Dans ces cas là, celui qui blesse a une responsabilité, parce qu’il a manqué de considération (même les malentendus se font toujours à deux). Au lieu de se réfugier derrière ses bonnes intentions, et à plus forte raison si elles étaient sincères, il faut savoir se remettre en question, assumer ses responsabilités et présenter ses excuses. Se prévaloir de ses bonnes intentions, c’est du même niveau que l’enfant qui s’exonère d’une bêtise au prétexte qu’il ne l’a « pas fait exprès », la bêtise n’en est pas moins faite pour autant, et les gens ne vont pas se « déblesser » au prétexte que ça n’est pas l’effet qu’on a cherché à produire. Nul n’est comptable de nos bonnes intentions, elles ne nous empêchent pas d’être maladroits, mieux encore, nous sommes les seuls qu’elles obligent à leur donner des moyens. Se prévaloir de ses intentions au détriment de la considération qu’on doit à autrui, c’est ajouter l’injure à la blessure.

Partir du principe qu’on ne peut pas avoir des propos ou des actes racistes, sexistes ou LGBTphobes au prétexte qu’on ne cherche pas à nuire, c’est la meilleure façon d’en commettre sans s’en apercevoir. Et tenir l’autre à nos intentions, c’est juste une illustration de plus de notre privilège.

Nous avons la responsabilité de maîtriser le contexte dans lequel nous nous exprimons. Si nous tenons des propos qui peuvent être mal interprétés, ou que l’autre ne sait pas de quel endroit nous nous exprimons, c’est à nous qu’il appartient d’en tenir compte. Souvent, ça peut être un signe que nous avons des représentations sociales à remettre en question. Si vous admettez que ne pas chercher à nuire ne suffit pas à ne pas adhérer à des représentations sexistes, racistes ou LGBTphobes, voilà qui ouvre tout un champ de prospection pour les identifier et les remettre en question le cas échéant. C’est là où la majorité des propos oppressifs sont commis, en toute innocence.

D’autres fois, plus rares, l’interlocuteur·ice a subi tant d’oppressions qu’iel peut parfois en voir là où il n’y en a pas. Dans ces cas là, on se pense victime d’un procès d’intention, et on trouve ça injuste. De fait, c’est injuste, mais nous ne sommes là qu’une victime collatérale des oppressions en question, dont nous ne subissons qu’un bien maigre contrecoup. Raison de plus pour lutter contre ces inégalités, et raison de moins pour s’en poser en victime.

Dans tous les cas, exiger de l’autre qu’il se plie à nos intentions sans se remettre en question, c’est une attitude d’enfant gâté, pas d’adulte responsable.

13 commentaires

  1. Il me semble que vous confondez attitude et offense.
    Le racisme, le sexisme, l’homophobie, sont des attitudes hostiles envers certaines catégories de population. Pour savoir si quelqu’un a une attitude hostile, il faut soit qu’il s’exprime sur ses états mentaux (ils sont donc pertinents), soit tenter une inférence sur la base de ses actes: si ces actes sont délibérément hostiles, on peut légitimement supposer qu’ils résultent d’une attitude hostile. (mais ce n’est qu’une inférence, qui peut être erronée)

    Une offense est un acte qui a pour conséquence d’offenser quelqu’un. Il n’y a pas de raison de penser que le fait d’offenser quelqu’un (intentionnellement ou pas) résulte nécessairement d’une attitude hostile envers une catégorie de personnes.
    Si l’offense est non intentionnelle, on peut éventuellement reprocher une certaine insensibilité à ou méconnaissance de la sensibilité d’autrui. Encore que, un tel reproche n’est pas nécessairement fondé: diverses personnes peuvent s’offenser de tellement de choses différentes (et contradictoires) qu’il est impossible de ne jamais offenser personne.

    Même si l’offense est intentionnelle, cela peut refléter une attitude hostile envers la personne offensée, mais pas envers une catégorie de personnes. Donc ça ne relève pas nécessairement du racisme, du sexisme ou de l’homophobie.

    Bref, offenser une femme (ou un.e féministe) n’est pas la même chose qu’être sexiste ou antiféministe.
    Offenser une personne d’une catégorie racisée n’est pas la même chose qu’être raciste.
    Offenser une personne LGBT n’est pas la même chose qu’être LGBTphobe.

    Par conséquent, avant d’accuser une personne de racisme, de sexisme, ou d’homophobie, il serait bon d’établir sans ambiguïté que cette personne exprime vraiment, par ses paroles ou par ses actes, une attitude hostile envers la catégorie concernée. Avoir offensé une personne appartenant à une catégorie ne suffit pas.

  2. Il me semble que vous n’avez procédé qu’à une lecture très superficielle de cet article, puisque vous ne tenez pas compte de ce qu’il dit.

    Par exemple, vous affirmez que « Le racisme, le sexisme, l’homophobie, sont des attitudes hostiles envers certaines catégories de population. »

    Ce en quoi vous montrez que vous ne comprenez pas ce que sont le racisme, le sexisme et l’homophobie. L’article évoque pourtant le sexisme et le racisme bienveillants, qui n’ont rien d’hostile. Le paternalisme de la domination se veut bienveillant (donc bien intentionné), mais sous couvert de bonnes intentions, on prend une attitude de surplomb, voire de mépris, envers les catégories dominées. « C’est pour ton bien », c’est bien intentionné, mais infantilisant. Le colonialisme lui-même débordait de bon sentiment envers les populations « sauvages » auxquelles il prétendait apporter la lumière de la civilisation… Les blagues de Michel Leeb sur les noirs ou les asiatiques n’ont jamais voulu faire du tort, indéniablement ça ne les a pas empêché d’en faire. Si vous convenez qu’on peut faire preuve de racisme et de sexisme bienveillants, vous devez réaliser en quoi le racisme et le sexisme ne peuvent être résumés à de la simple hostilité. De fait, le racisme et le sexisme ouvertement hostiles ne sont qu’une infime partie de ce qui constitue la globalité du racisme et du sexisme, et cette conception les réduisent à leur portion congrue (et c’est faire du tort aux catégories dominées que de le présenter en ces termes). Mais rien de très surprenant à cela : en tant qu’homme blanc, vous êtes très mal outillé pour comprendre de quoi il est question (lire https://nonoche.wordpress.com/2020/10/09/comment-le-privilege-social-entrave-lesprit-critique/ ). Fort heureusement, vous n’y êtes pas condamné, pour peu que vous fassiez un réel effort de remise en question (lire https://nonoche.wordpress.com/2020/07/17/pour-vous-les-hommes-blancs-sont-coupables-de-tout/ )

    Ensuite, vous vous employez à disqualifier la légitimité d’une partie des réactions offensées, au prétexte qu’il est difficile de ne jamais offenser personne.

    D’une part, il est parfaitement accessible de ne pas passer pour un odieux misogyne ou raciste (accrochez-vous à votre chaise, mais figurez-vous que c’est un reproche qu’on n’a guère l’occasion de me faire) : il suffit de faire preuve d’écoute, de ne pas partir du principe qu’on sait mieux que les groupes sociaux que l’on domine, et de se remettre en question. Un certain nombre de propos sont désormais communément connus pour dégouliner de mépris et de domination sociale, d’aucuns s’en lamentent en considérant qu’on « ne peut plus rien dire » (lire https://www.facebook.com/deconstructionhommeblanc/posts/386882632711513 ), d’autres apprennent simplement à se surveiller. Et quand par malheur on s’est mis en situation de blesser quelqu’un, on se comporte en adulte responsable en présentant ses excuses et en faisant attention à ne pas reproduire l’erreur, et non en enfant gâté qui pense pouvoir être exonéré de sa bourde au prétexte qu’il ne l’a « pas fait exprès » et en s’offusquant qu’on puisse avoir été blessé.

    D’autre part, vous flirtez avec le paralogisme de la solution parfaite : qu’il soit difficile de ne jamais offenser quiconque n’est certes pas une excuse pour ne pas faire de son mieux pour l’éviter autant que possible. (lire https://www.facebook.com/deconstructionhommeblanc/posts/384375259628917 ). Ce qui serait une façon de se laver les mains du problème qui, loin de démontrer la sincérité des intentions dont on peut se prévaloir, montre surtout qu’elles servent de blanc seing pour s’autoriser toutes les outrances (ce qui, incidemment, est justement l’attitude que cet article dénonce). Vos intentions ont bon dos si elles ne servent qu’à vous disculper de tout. Je doute que vous accepteriez que je vous maltraite, même si je vous assure que je ne voulais pas le faire.

    Enfin, toutes les « offenses » ne se valent pas : je me flatte d’offenser les fascistes, par exemple. Votre argument ne tient aucun compte du contexte de domination sociale (erreur que commettent trop de dominants sociaux, précisément, et qui engage différemment notre responsabilité). C’est précisément cette ignorance du contexte qui est au cœur de bien des violences symboliques.

    Et puisque vous avez fort mal lu mon propos, vous n’y répondez en rien quand vous dites « offenser une femme n’est pas la même chose qu’être sexiste » (j’ignore à quoi vous croyez répondre ici, d’autant qu’on peut offenser une femme sur bien d’autres domaines que le sexisme).

    Avant de vous croire légitime à dire ce qui relève ou non du sexisme, du racisme, ou des LGBTphobies, assurez-vous d’avoir compris de quoi il est question, parce que c’est très éloigné de la conception naïve que vous en avez (à votre décharge, vous nous récitez là le vademecum des dominants sociaux, qui les exonère fort commodément). D’autant que c’est un signe qui ne trompe pas : quand vous aurez compris de quoi il est réellement question, vous saurez qu’il est tout à fait déplacé pour un dominant de dire ce qui ne relève pas d’oppressions qu’il ne subit pas, et que ça le signale surtout comme quelqu’un qui est encore moins légitime pour en parler qu’un dominant plus aguerri sur le sujet.

  3. Bon sang mais c’est bien sûr: je n’ai rien compris! Comment n’y ai-je pas pensé?

    Bon en fait je sais lire, donc j’ai bien compris que vous vouliez donner du racisme, du sexisme et de l’homophobie de nouvelles définitions considérablement élargies. C’est justement cet élargissement que je conteste.

    Evidemment, avec vos nouvelles définitions élargies, c’est plus facile de voir du racisme et du sexisme partout, il y a plus d’ennemis à dénoncer, et on peut les dénoncer plus fort qu’en leur reprochant juste d’offenser quelqu’un, donc ça permet de se donner un rôle plus valorisant de grand chevalier de la justice sociale. Mais ça conduit à insulter des gens de manière injuste, c’est cela que je dénonce.

    Je comprends bien aussi que ce que vous reprochez n’est pas juste l’offense, c’est de contribuer à la diffusion de certaines représentations qui non seulement peuvent offenser, mais qui participent peut-être aussi à nourrir le racisme, sexisme, etc. Je dis peut-être car l’effet causal de ces représentations sur le véritable sexisme/racisme mériterait d’être démontré plutôt que juste affirmé comme évident. Et je suis d’accord avec vous que cela vaut la peine de dire à Michel Leeb que son sketche, même s’il est marrant, peut causer du tort. Mais cela n’implique pas de le traiter de raciste (à moins que son attitude raciste ne soit clairement établie). Traiter Michel Leeb de raciste, c’est pervertir le sens des mots, c’est créer la novlangue que vous dénoncez dans la bouche des autres.
    Après, les mots sont juste des mots, chacun les utilise comme il veut. Simplement, en déformant leur sens, vous ne favorisez pas la compréhension mutuelle.

    Sur l’offense, je pense que nous sommes d’accord. Je n’ai pas dit qu’il était bien d’offenser, ni que c’était toujours illégitime.

  4. Désolé, mais vous vous posez en détenteur du sens du mot racisme qui est à la fois contraire à ce qu’en disent les sciences, mais également (par un heureux hasard) très auto-complaisant envers les catégories dominantes. J’ignore de quelle expertise sur le sujet vous vous prévalez pour vous permettre de contester cette définition, mais la vôtre est singulièrement divergente de ce qu’en disent celles et ceux qui subissent le sexisme et le racisme. Si vous vous pensez plus légitime que ces personnes pour leur dispenser des leçons de racisme et de sexisme alors que vous ne subissez ni l’un ni l’autre, je vous renvoie à la lecture du premier lien dans mon commentaire précédent.

    J’ajoute que ce passage « ça permet de se donner un rôle plus valorisant de grand chevalier de la justice sociale » relève du bulvérisme (lire https://nonoche.wordpress.com/2020/06/22/bulverisme/). Je suis sûr que vous êtes capable de trouver une explication plus charitable, quoi qu’il en soit ce qui me motive ne vous dispense en rien de tenir compte de mes arguments.

    Je ne crois pas avoir dit que Michel Leeb était raciste. Mais je suis tout à fait en mesure d’affirmer que ses sketches qui se moquent des noirs et des asiatiques le sont. Parce que si on ne peut effectivement rien dire des intentions des personnes (qui au demeurant sont sans pertinence), on peut en revanche qualifier leurs actes et leurs propos. Qu’ils s’en sentent injuriés, ma foi, c’est eux que ça regarde, charge à eux de moins prêter le dos à la critique.

    Quant à la novlangue, c’est tristement ironique de vous voir faire de la novlangue sur le mot novlangue lui-même : https://www.facebook.com/deconstructionhommeblanc/posts/396644155068694

  5. Passons rapidement sur les non-arguments:
    – les personnes victimes de racisme et de sexisme sont sans aucun doute les mieux placées pour dire si elles sont offensées ou pas. Il ne s’ensuit pas qu’elles sont les mieux qualifiées pour définir le concept de racisme ou de sexisme. Et vous le concédez puisque que dans le même paragraphe vous en référez aux sciences, ce qui est une suggestion bien plus raisonnable.
    – pardonnez-moi le bulvérisme que je me suis autorisé selon vous. Cela dit, il n’intervenait pas dans l’argument, c’était juste un apparté moqueur. Supprimez la phrase, l’argument est intact. Je note que vous-même vous maniez bien le bulvérisme à votre profit, en me renvoyant constamment à mon statut de « catégorie dominante » qui m’aveuglerait immanquablement.
    – la novlangue n’est pas juste l’appauvrissement de la langue, c’est aussi la modification du sens des mots, ce que je vous reproche ici. Et si j’ai utilisé ce mot, c’était en référence à votre propre usage dans votre article: https://zet-ethique.fr/2020/09/30/des-dangers-de-la-naivete-politique-et-sociale/#comment-539 (ou vous l’utilisiez aussi pour parler de modification du sens).

    Bref, tout ceci n’est que diversion. Pour en revenir au fond, vous m’opposez « ce qu’en disent les sciences ». Merci pour l’argument d’autorité. Auriez-vous l’obligeance de préciser quelles références, de quels auteurs au sein de quel courant de quelles disciplines? Si je suis si ignorant, j’aimerais pouvoir m’instruire à la source. Merci d’avance.

  6. vous semblez être passé trop rapidement (ce qui devient une habitude)

    – je n’ai pas parlé de mieux savoir que les concerné·e·s s’iels étaient « offensé·e·s », mais de leur dispenser des leçons sur des oppressions que vous ne subissez pas. L’argument souligne que c’est en soi une violence symbolique. Et puisque vous semblez plus enclin à vous plier aux sciences, je vous renvoie à la théorie du point de vue situé en épistémologie.

    – il me semble regrettable que vous ayez jugé utile d’ajouter une moquerie, d’autant qu’elle affaiblit votre position, qui n’avait déjà pas besoin de ça. D’autre part, ça n’a rien d’un bulvérisme que de vous situer socialement : vous êtes un homme blanc, vous dominez socialement les femmes et les personnes racisées, que ça vous plaise ou non, c’est un fait. C’est également un fait que la domination sociale va de pair avec diverses pétitions de principe auto-complaisantes. Et c’est enfin un fait que rien dans vos propos ne vient le démentir, bien au contraire. Je vous ai demandé de quelle expertise sur le sujet vous vous prévaliez, vous n’avez pas répondu. Je vous invite à remettre en question votre maîtrise du sujet, qui laisse amplement à désirer (et pour cause), d’autant que vous êtes du mauvais côté du débat relativement à ce qu’en disent les sciences, une fois encore. Et pardon, mais l’argument d’autorité n’est un paralogisme que si on se réfère à quelqu’un qui n’est pas compétent sur le sujet, il est au contraire raisonnable de se fier au consensus de la discipline dont c’est le domaine de compétence. La sociologie est la science qui étudie les rapports sociaux, c’est donc à elle qu’on se doit de se référer concernant le racisme. Je suis sûr que vous avez accès facilement aux productions de cette discipline sur la question, il ne tient qu’à vous de vous y pencher si votre curiosité est sincère.

    – la modification du sens des mots, ça n’est pas de la « novlangue », c’est… le propre de toute langue vivante, il va donc bien falloir vous en accommoder. Au demeurant, votre vision naïve et béotienne du racisme est bien un dévoiement du sens de ce terme, qui est un concept sociologique.

    Mais comme vous dites, le débat sémantique n’est que de peu d’intérêt, d’autant qu’il ne suffit pas à contester mon argument : se prévaloir de ses intentions au mépris des conséquences de ses actes, c’est de la merde, arrêtez de faire ça.

  7. Bon, dommage qu’il soit impossible de débattre avec vous, et que ça se termine encore en rhétorique, pétition de principes, argument d’autorité et insultes. Et pas une seule donnée, pas une référence concrète à l’horizon en dehors d’un très vague appel à la sociologie. J’ai assez perdu de temps comme ça.

  8. C’est curieux, je ne crois pas avoir vu plus de chiffres ni de références de votre part, et l’on sort de cette conversation sans plus savoir de quelle autorité vous vous prévalez sur la question du racisme (contrairement à moi). J’ignore où vous avez cru voir une insulte quelconque dans mes propos. Mais m’est avis que vous n’avez pas fini de « perdre votre temps » sur le sujet…

  9. @Nonoche : merci pour cet article, qui permet d’expliciter la métaphore de l’écrasage de pied, métaphore utile pour expliquer en quoi les schémas de dominations blessent autrui sans qu’on (l’offenseur) s’en rende forcément compte ni ne le veille.
    A savoir : si tu me marches sur le pied sans t’en rendre compte, tu trouveras normal de t’excuser – MÊME si ton intention n’était évidement pas de me faire mal : le mal est fait, tu le vois, tu t’excuses. Pourquoi diable serait-ce si dur de s’excuser dans le même schéma (non intentionnel) sur des sujets comme le raciste, sexisme, etc ? Tes intentions entrent moins en ligne de compte que la manière dont tu réagiras ensuite = c’est un message important à passer.

    @Ramus : Déjà merci d’arrêter de vous regarder le nombril pour rentrer dans les plumes d’Arno qui fait un travail de vulgarisation très correct, le tout en aillant pour votre part une très faible notion des phénomènes cités (vous êtes un mec, cis, hétéro, blanc, éduqué et valide je me trompe ?) (non parce que votre ‘identité’ suinte de partout dans vos tartines de commentaires sans grand intérêt sinon de provoquer ‘en duel’ quelqu’un qui vous informe)
    ‘Le racisme, le sexisme, l’homophobie, sont des attitudes hostiles envers certaines catégories de population’
    Juste cette phrase démontre que vous n’avez pas compris grand chose de ce qui est expliqué et de ce qui est en jeu. C’est une définition largement insuffisante à qualifier l’ampleur sociologique et la surface sociale réelle de ces phénomènes qui sont nés / entretenus / validés / transmis autant par ‘les individus’ que par ‘les institutions’ au sens large : culture, école, média, institution d’Etat, etc.
    L’hostilité n’est pas toujours présente, loin de là : c’est par pure ‘bienveillance’ qu’on porte des choses à ma place (alors que je sais porter des choses, en fait), toujours de la bienveillance quand on me questionnait sur mon droit de choisir des études ‘d’homme’, ou qu’on s’inquiétait de mon allure masculine pour plaire à d’autres hommes, par exemple. Lorsque qu’on s’aperçoit statistiquement que des femmes noires sont d’office plus souvent césarisées à l’accouchement sans qu’une raison médicale valable n’émerge ou qu’elles ont 20 à 25% de chance en moins que moi femme blanche de trouver un job à étude et expérience identique, je me pose des questions sur l’intention des recruteurs – est-ce qu’iels ont conscience d’être hostile ? Ou pensent-ils appliquer des critères rationnels (selon leur schéma) qui in fine vont déqualifier quelqu’un en fonction de sa couleur / origine ? Quand on demande à des copines non blanches ‘d’où elles viennent’ on les positionne en dehors de la sphère nationale, alors qu’elles y sont pour certaines depuis 4 générations. Quand un vendeur en brico se tourne vers mon mec pour lui expliquer quelque chose que je lui ai demandé moi, il n’est pas hostile : il considère ‘naturellement’ que je ne suis pas un interlocuteur valable pour ses explications. J’illustre ici pour tâcher de vous expliquer. Mais je ne suis pas sûre que vous prendrez la peine de lire, après tout : votre position ne se discute pas, vous ne vivez rien de tout ça, pourquoi en auriez vous conscience ? (sinon parce qu’on vous l’explique)
    Vous voulez des chiffres : mais l’INSEE, observatoire des inégalités et quantité de travaux universitaires montrent depuis des années que nous ne sommes pas traités de manière identiques en société (et au sens large : face aux gens comme face institutions) ni écoutés de la même manière, ni représentés (média, postes, assemblé nationale…etc) de la même manière selon nos origines, couleurs de peau, sexe, genre, handicap, religion, orientation sexuelle, etc. Alors soit TOUTE la société est hostile.
    Soit c’est un peu plus compliqué que ça.
    Non ?

  10. Cette leçon magistrale de linguistique m’avait échappé:
    « – la modification du sens des mots, ça n’est pas de la « novlangue », c’est… le propre de toute langue vivante, il va donc bien falloir vous en accommoder.  »

    Toutefois, dans la 2ème demi-heure du premier cours de L1 en sciences du langage, on apprend aussi que c’est l’usage qui fait loi. Oui, la langue évolue, et c’est son usage par les locuteurs qui révèle dans quel sens. En revanche, les tentatives politiques ou idéologiques de modifier le sens des mots sont souvent vouées à l’échec (sauf chez Orwell).
    La modification du sens des mots dont il est question ici, c’est une modification impulsée par une frange militante de la sociologie dont vous vous faites le porte-voix, et qu’elle tente d’imposer au reste de la société. On verra bien si cet usage se répand. Je suis sceptique.
    Je défends au contraire l’idée que le sens usuel du mot racisme comme attitude est utile, et qu’on aurait intérêt à le conserver. Le concept que vous défendez a sans doute aussi son utilité, mais vouloir le désigner du même mot ne fait que provoquer des confusions et des réactions défensives (puisque ça semble une exagération excessive du sens usuel). L’usage d’un autre terme pour désigner les « représentations offensantes ou oppressantes » pourrait être plus judicieux. On peut aussi concevoir que la communauté internationale en sociologie se mette d’accord pour une définition technique du mot « racisme » qui diffère du sens courant, ça se fait aussi dans d’autres disciplines. Mais dans ce cas, il faut admettre que ce sens technique restera restreint à la communauté des spécialistes, et ne se diffusera pas dans la société.

  11. Précisément, c’est l’usage qui détermine le sens des mots, et qui le modifie au fil du temps, dans toutes les langues vivantes, ce qui n’est donc pas une caractéristique d’une « novlangue » quelconque contrairement à ce que vous avez affirmé (relisez Orwell, c’était lui aussi un « militant » du genre que vous dénoncez).

    Vous avez tout à fait raison, le sens restreint que vous défendez pour le terme racisme est effectivement utile. Il est utile à maintenir le statu quo et les minorités raciales à un statut social inférieur en limitant le racisme à sa portion congrue pour mieux laisser libre cours au racisme bienveillant et au racisme systémique sans que les blancs n’aient à se remettre en question en se contentant de jurer leurs grands dieux qu’ils sont animés des meilleures intentions.

    Et puisqu’il est question de cela, pensez à assumer votre propre militantisme, ça aura l’effet bénéfique de mettre vos actes et vos intentions en cohérence.

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